Depuis le début des travaux de réaménagement des Halles en décembre 2010, les commerçants vivent au rythme du va-et-vient des camions, avec des grues pour tout champ de vision. Une situation intolérable qui entraîne une baisse de clientèle.
"Les travaux impactent le chiffre d’affaires, on a chuté de 17%", indique la responsable du magasin Petit Bateau du Forum des Halles. Le magasin de chaussures Minelli n’a pas non plus atteint ses objectifs et le bruit assourdissant du marteau-piqueur oblige les vendeuses à augmenter le volume de la musique. A la sortie du Forum, la réouverture de la porte Lescot prévue pour le 10 septembre est attendue avec impatience par les restaurateurs déprimés par les clients qui fuient les terrasses trop bruyantes et l’étouffant nuage de poussière. "Le café est vide du matin au soir, j’ai dû renoncer à en prendre la gérance", confie un serveur du Bon Pêcheur.
A quelques mètres, Le Père Tranquille n’est plus une brasserie qui porte bien son nom comme nous l’explique Mickaël, le responsable.
A la mairie du Ier arrondissement, Benoît Bouanchaud, le directeur du cabinet du maire, Jean-Pierre Legaret, constate depuis des mois le mécontentement. "De nombreuses pétitions ont été signées par les commerçants contre le non respect des horaires et les modifications de la voirie : on accède difficilement à leurs établissements et on les voit moins." Même la Société d’économie mixte PariSeine qui conduit le projet de réaménagement le reconnaît : "les travaux ne sont pas agréables pour tous. Les commerçants ont perdu une partie de leur clientèle à cause de la fermeture de la porte Lescot".
Une Commission de règlement amiable (CRA) a donc été créée à l’initiative des maîtres d’ouvrage, la Ville de Paris et la RATP, pour examiner les demandes d’indemnisation des enseignes dont l’activité a été affectée par le chantier. Toutefois, pour l'heure, aucune aide financière n'a été votée.
Selon Georges-Etienne Jojot, patron du restaurant Le Louchébem et président de l'association Le Carré des Halles, une indemnisation des commerçants lésés ne suffira pas à réparer le préjudice subi :
Sophie Clément et Emilie Cointe
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jeudi 8 septembre 2011
mercredi 7 septembre 2011
Démarrage difficile pour Mu by Peugeot Scooters
Depuis le 5 septembre et jusqu’au 31 octobre, SNCF et Peugeot s’associent pour louer des scooters électriques à la gare Montparnasse. Le point Mu by Peugeot Scooters rencontre des difficultés de mise en service. Retour sur les aléas de début de parcours.
Paris offre un nouveau mode de transport écolo, qui va séduire les allergiques du taxi et les phobiques du métro. A la descente du train en gare Montparnasse, la clientèle SNCF avec peu de bagages peut maintenant louer un scooter électrique Peugeot e-Vivacity pour une journée ou plus, au tarif de 28 euros par jour. "Ce dispositif permet à l’homme d’affaire pressé ou au voyageur séjournant à Paris pour une courte période d’éviter d’attendre à la borne de taxi et de circuler plus facilement dans la capitale", explique Laure Beaujard, attachée de presse de Peugeot Scooters.
Le service, en place depuis le 5 septembre, rencontre déjà plusieurs difficultés. Parking Pasteur, une dizaine de scooters électriques non polluants séjournent à leur emplacement Mu by Peugeot. "On n'a qu'une réservation de prévue demain", indique le commercial Peugeot au point de rencontre. C'est justement lors de la réservation qu'apparait le premier inconvénient. La location, réservée uniquement au client muni d’un billet TGV, doit s’effectuer sur le site – www.tgv.com – au minimum 24h avant le voyage.
Autre bémol : l’emplacement Mu by Peugeot Scooters est mal indiqué. Pas évident pour un voyageur débarquant dans la capitale de trouver son chemin jusqu'au service. "Il n’y a qu’une signalétique mise en place au niveau du quai voie 1, en bas des escaliers d’accès au parking. Nous sommes en phase de rodage, pour le moment le plan de la gare avec le point de retrait est indiqué sur le site de réservation", précise Laure Beaujard.
Le personnel est également incapable de renseigner le voyageur SNCF. "Je n’ai pas entendu parler du point de location, je peux vous diriger vers l’accueil du parking qui pourra peut-être vous aider", déclare un contrôleur.
Enfin, un voyageur n'étant pas familier avec la capitale réfléchira sûrement à deux fois avant d'utiliser ce service. Découvrir une ville à dos de scooter, n’est déjà pas évident. Il lui faudra au minimum prévoir un itinéraire, notamment pour trouver une borne de rechargement des batteries. "Il n’y a pas de plan de Paris fourni, ni de GPS intégré, mais tous les points manquants seront envisagés après la fin de l’expérimentation", ajoute le service de presse Peugeot Scooters.
Un dispositif expérimental certes, mais qui aurait mérité d'être plus complet.
Mu by Peugeot, mode d'emploi :
Voir la fiche de réservation du scooter électrique Peugeot e-Vivacity
Emilie Cointe
Paris offre un nouveau mode de transport écolo, qui va séduire les allergiques du taxi et les phobiques du métro. A la descente du train en gare Montparnasse, la clientèle SNCF avec peu de bagages peut maintenant louer un scooter électrique Peugeot e-Vivacity pour une journée ou plus, au tarif de 28 euros par jour. "Ce dispositif permet à l’homme d’affaire pressé ou au voyageur séjournant à Paris pour une courte période d’éviter d’attendre à la borne de taxi et de circuler plus facilement dans la capitale", explique Laure Beaujard, attachée de presse de Peugeot Scooters.Le service, en place depuis le 5 septembre, rencontre déjà plusieurs difficultés. Parking Pasteur, une dizaine de scooters électriques non polluants séjournent à leur emplacement Mu by Peugeot. "On n'a qu'une réservation de prévue demain", indique le commercial Peugeot au point de rencontre. C'est justement lors de la réservation qu'apparait le premier inconvénient. La location, réservée uniquement au client muni d’un billet TGV, doit s’effectuer sur le site – www.tgv.com – au minimum 24h avant le voyage.
Autre bémol : l’emplacement Mu by Peugeot Scooters est mal indiqué. Pas évident pour un voyageur débarquant dans la capitale de trouver son chemin jusqu'au service. "Il n’y a qu’une signalétique mise en place au niveau du quai voie 1, en bas des escaliers d’accès au parking. Nous sommes en phase de rodage, pour le moment le plan de la gare avec le point de retrait est indiqué sur le site de réservation", précise Laure Beaujard.
Le personnel est également incapable de renseigner le voyageur SNCF. "Je n’ai pas entendu parler du point de location, je peux vous diriger vers l’accueil du parking qui pourra peut-être vous aider", déclare un contrôleur.
Enfin, un voyageur n'étant pas familier avec la capitale réfléchira sûrement à deux fois avant d'utiliser ce service. Découvrir une ville à dos de scooter, n’est déjà pas évident. Il lui faudra au minimum prévoir un itinéraire, notamment pour trouver une borne de rechargement des batteries. "Il n’y a pas de plan de Paris fourni, ni de GPS intégré, mais tous les points manquants seront envisagés après la fin de l’expérimentation", ajoute le service de presse Peugeot Scooters.
Un dispositif expérimental certes, mais qui aurait mérité d'être plus complet.
Mu by Peugeot, mode d'emploi :
________________________Aller plus loin :
Infos Pratiques :
Point Mu by Peugeot – Gare Paris Montparnasse
Parking Pasteur
Ouvert du Lundi au Vendredi de 8h à 20h
Tarifs : Une journée : 28 €, Journée supplémentaire : 24 €, Week-end (du vendredi 16h au lundi 10h) : 52 €, Semaine : 72 €, Caution : 1000 € (non encaissée)
Voir la fiche de réservation du scooter électrique Peugeot e-Vivacity
Emilie Cointe
Libellés :
Economie,
Mu by Peugot,
scooter électrique,
transports
mardi 6 septembre 2011
Affaire DSK : la grogne des féministes
Au lendemain du retour de DSK en France, des militantes féministes se réunissaient lundi 5 septembre pour organiser la riposte.
"L’abandon des charges contre DSK est un grand pas en arrière pour la parole des femmes ." Depuis la décision du procureur Vance, Nelly Martin, coordinatrice France de la Marche Mondiale des Femmes (MMF) ne décolère pas. Lundi 5 septembre, elles étaient une centaine de militantes féministes à avoir répondu à l’appel de la MMF. Réunies dans une salle de la bourse du travail de Paris, les copines sont venues pour exprimer "leur rage", leur sentiment de révolte et d’injustice et réfléchir ensemble à une réplique. Le Collectif national pour le droit des femmes, Osez le féminisme, Femmes solidaires, la Barbe, Ruptures etc. La plupart des associations féministes étaient représentées. A leurs côtés, des femmes qui venaient pour la première fois exprimer leur mécontentement.
"Une fois de plus justice n’a pas été faite"
L’affaire DSK a dans un premier temps libéré la parole des femmes. "Notre standard téléphonique a explosé en mai/juin", explique Marie-Ange Salou, président de l’ADVAS, association d’aide aux victimes. "L’affaire DSK a eu un impact extrêmement violent sur mes patientes, raconte la psychiatre Muriel Salmona, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie. Celles qui avaient osé porter plainte contre leur agresseur avant l'été, le regrettent aujourd'hui. L'affaire DSK a valeur de modèle et une fois de plus justice n’a pas été faite." D’une seule voix, elles dénoncent une "justice patriarcale", l’attitude de la police qui n’hésite pas à demander à une victime de viol "comment était l’érection de son agresseur et si elle a mouillé" et les procédures administratives à rallonge, humiliantes qui découragent les victimes. "Seulement 10% des femmes violées portent plainte et 1 à 2% des procédures aboutissent à une condamnation", rappelle Clara de la MMF.
"Les valeurs de gauche ne sont plus là"
"On parle beaucoup trop de son retour, enchaine Louisa, étudiante à Sciences-Po et militante féministe. Et le soutien de la classe politique est scandaleux ! Le rapport médical est pourtant clair et le procureur a bien dit qu’il y avait eu un rapport 'vraisemblablement non consenti'". Les copines demandent des comptes. Traditionnellement soutenu par la gauche, le mouvement féministe se sent abandonné. "Martine Aubry n’est pas claire sur le cas DSK. On nous mène en bateau !" lance Françoise, une militante de la MMF. Même procès pour François Hollande et Ségolène Royal. Les militantes sont abattues par les récentes déclarations des candidats à la primaire qui laissent une porte entrouverte à DSK pour un éventuel retour en politique et louent son expertise. "Il faut les obliger à se positionner contre les violences faites aux femmes", propose une militante. Certaines envisagent même de rendre leur carte au PS. "Je suis déçue. Les valeurs de gauche ne sont plus là", commente Marion, 24 ans, militante à Osez le féminisme.
Un nouveau souffle pour le mouvement féministe
"Quels risques sommes nous prêtes à prendre ? sonde Natacha. Dans les années 70, des femmes ont risqué la prison pour défendre leurs droits. Nous devons prendre des mesures fortes. Les féministes gentilles, qui font du théâtre, ça suffit pas !" Dans la salle les propositions fusent : occuper les médias, camper sur la place des Vosges, lancer une opération commando pour empêcher DSK de parler au journal télévisé de 20h. Quelques voix s’élèvent pour appeler à une union solidaire des associations féministes. Monique Dental, animatrice du réseau Ruptures prend la parole : "Pour le combat de l’IVG nous avions des positions et des modes de fonctionnement très différents, mais nous avons su faire corps. Aujourd’hui la question du viol nous rassemble. Créons dès ce soir un mouvement général." Ce soir, les militantes sont reparties gonflées à bloc, bien décidées à frapper un grand coup et à faire parler d'elles. Prochaine étape : un rassemblement est organisé place des Vosges, dimanche 11 septembre, à partir de 14H.
Voir l'interview de Marion, membre de l'association Osez le féminisme :
Aller plus loin
- Le blog du Dr Muriel Salmona sur Mediapart
- Un Troussage de domestique, ouvrage collectif sous la coordination de Christine Delphy, éditions Syllepse
Légende : Membre du collectif "La barbe" lors de la journée internationale des femmes, le 8 mars
Crédit photo : ©looking4poetry
Julia Zimmerlich
"Une fois de plus justice n’a pas été faite"
L’affaire DSK a dans un premier temps libéré la parole des femmes. "Notre standard téléphonique a explosé en mai/juin", explique Marie-Ange Salou, président de l’ADVAS, association d’aide aux victimes. "L’affaire DSK a eu un impact extrêmement violent sur mes patientes, raconte la psychiatre Muriel Salmona, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie. Celles qui avaient osé porter plainte contre leur agresseur avant l'été, le regrettent aujourd'hui. L'affaire DSK a valeur de modèle et une fois de plus justice n’a pas été faite." D’une seule voix, elles dénoncent une "justice patriarcale", l’attitude de la police qui n’hésite pas à demander à une victime de viol "comment était l’érection de son agresseur et si elle a mouillé" et les procédures administratives à rallonge, humiliantes qui découragent les victimes. "Seulement 10% des femmes violées portent plainte et 1 à 2% des procédures aboutissent à une condamnation", rappelle Clara de la MMF.
"Les valeurs de gauche ne sont plus là"
"On parle beaucoup trop de son retour, enchaine Louisa, étudiante à Sciences-Po et militante féministe. Et le soutien de la classe politique est scandaleux ! Le rapport médical est pourtant clair et le procureur a bien dit qu’il y avait eu un rapport 'vraisemblablement non consenti'". Les copines demandent des comptes. Traditionnellement soutenu par la gauche, le mouvement féministe se sent abandonné. "Martine Aubry n’est pas claire sur le cas DSK. On nous mène en bateau !" lance Françoise, une militante de la MMF. Même procès pour François Hollande et Ségolène Royal. Les militantes sont abattues par les récentes déclarations des candidats à la primaire qui laissent une porte entrouverte à DSK pour un éventuel retour en politique et louent son expertise. "Il faut les obliger à se positionner contre les violences faites aux femmes", propose une militante. Certaines envisagent même de rendre leur carte au PS. "Je suis déçue. Les valeurs de gauche ne sont plus là", commente Marion, 24 ans, militante à Osez le féminisme.
Un nouveau souffle pour le mouvement féministe
"Quels risques sommes nous prêtes à prendre ? sonde Natacha. Dans les années 70, des femmes ont risqué la prison pour défendre leurs droits. Nous devons prendre des mesures fortes. Les féministes gentilles, qui font du théâtre, ça suffit pas !" Dans la salle les propositions fusent : occuper les médias, camper sur la place des Vosges, lancer une opération commando pour empêcher DSK de parler au journal télévisé de 20h. Quelques voix s’élèvent pour appeler à une union solidaire des associations féministes. Monique Dental, animatrice du réseau Ruptures prend la parole : "Pour le combat de l’IVG nous avions des positions et des modes de fonctionnement très différents, mais nous avons su faire corps. Aujourd’hui la question du viol nous rassemble. Créons dès ce soir un mouvement général." Ce soir, les militantes sont reparties gonflées à bloc, bien décidées à frapper un grand coup et à faire parler d'elles. Prochaine étape : un rassemblement est organisé place des Vosges, dimanche 11 septembre, à partir de 14H.
Voir l'interview de Marion, membre de l'association Osez le féminisme :
Aller plus loin
- Le blog du Dr Muriel Salmona sur Mediapart
- Un Troussage de domestique, ouvrage collectif sous la coordination de Christine Delphy, éditions Syllepse
Légende : Membre du collectif "La barbe" lors de la journée internationale des femmes, le 8 mars
Crédit photo : ©looking4poetry
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